Kapitalis 9 Mai 2019
Mehdi jendoubi.
Tahya Tounes, est né grand. Belle formule, mais quel piège!
On peut naitre grand et finir petit. Je ne veux pas désespérer ceux qui y
croient, ni sous-estimer l’effort continu depuis la création du groupe
parlementaire de la Coalition Nationale au sein de l’Assemblée, et la doigté
politique de ceux qui ont su faire un nouveau parti, des mille morceaux du Nida
historique de 2012-2014.
La conscience politique se construit sous le coup des
évènements historiques, et on ne peut pas revivre une expérience de Nida bis et
peut être plus tard un slogan de vote utile, sans se poser quelques questions
ou émettre quelques réserves. Seule la lucidité,
la critique et l’autocritique permettent d’avancer, et il faut faire attention
de ne pas se faire intoxiquer par sa propre propagande. Dérive que tant
d’hommes politiques, n’arrivent pas à éviter.
Dans ses deux interventions publiques à la télévision Nationale et à la clôture du congrès de Tahia tounes, M.Chahed, chef de fait du nouveau parti, s’est trop attardé sur le rôle négatif de ceux qui le critiquent et s’opposent soit sa à politique, soit à sa personne. Cela n’a pas été un point dans son discours, mais un thème redondant et à la limite, je n’y ai pas vu, une subtile attention à écouter et à apprendre de ses propres adversaires, ni l’affirmation solennelle du droit chèrement acquis à la critique et à l’opposition. Je reconnais qu’il a été sévèrement et parfois injustement et systématiquement attaqué, mais n’a-t-il pas attisé lui-même, la colère de ses adversaires ?
En maintenant le flou sur ses intentions présidentielles,
il n’a pas servi le gouvernement et ne l’a pas préservé des attaques de ceux
qui pensent qu’il est difficile en Tunisie de servir sans se servir. En terme
de culture politique, nous sommes encore en période de transition et les préjugés
accumulés depuis des décennies sur la confusion entre parti et Etat, ne doivent
pas étonner.
M.Chahed n’est pas responsable des choix de communication
du parti Tahya Tounes, mais il devrait faire attention au piège des bonnes
intentions. Les deux jeunes militants qui l’ont présenté avec autant de
superlatifs, juste avant sa brillante intervention à la clôture du parti Tahyia Tounes, ne l’ont
pas servi. La modestie est une valeur fondamentale et en politique cela peut être
apprécié. Ceux qui veulent faire de M Chahed en début de carrière politique,
une idole qu’en feraient-ils quand il sera au faîte de la victoire ? Bien
sûr la politique a besoin d’icônes, et le
peuple s’attache aux idoles, mais nous sommes en méditerranée où depuis l’antiquité les peuples
s’amusent à bruler leurs propres idoles, et nous sommes en Tunisie, sur un
terrain politique instable et glissant depuis presque une décennie, où les gens sont fatigués de leurs propres
dirigeants, les bons comme les mauvais. Jeu subtil que certains communicateurs,
peuvent sous-estimer. jendoubimehdi@yahoo.fr
Source :
À propos de Tahya Tounes : Ceux qui
naissent grands peuvent finir petits (kapitalis.com)