كلما أدّبني الدّهر أراني نقص عقلي

و اذا ما زدت علما زادني علما بجهلي

الامام الشافعي


vendredi 20 septembre 1991

L’IPSI PRINCIPAL ACTEUR DE LA FORMATION INITIALE DES JOURNALISTES EN TUNISIE.

La mission de l’IPSI, délimitée en 1973, consiste à dispenser un enseignement supérieur spécialisé dans le domaine de l’information et un enseignement de formation fondamentale. L’IPSI est appelé à former les cadres de la presse, de l’information et de la communication, et à promouvoir la recherche dans le domaine du journalisme et des sciences de l’information (Décret n 517 du 30 octobre 1973, relatif à la délimitation de la mission et des attributions et à l’organisation des études à l’IPSI).

Même si le champ de spécialité de l’IPSI a été largement défini pour englober ce qui est communément appelé aujourd’hui le champ de la communication, l’IPSI s’est essentiellement limité à la formation des journalistes, qui constituent après deux décennies de fonctionnement, la grande majorité de ses diplômés. Il faut néanmoins signaler qu’il a eu la charge entre 1979 et 1988 de relayer l’Ecole nationale d’Administration (ENA), dans la formation de documentalistes bibliothécaires et archivistes. Il a également et pour une brève période mis sur pied un groupe de formation en cycle court de deux ans après le baccalauréat, dans le domaine des relations publiques, des métiers du livre et de la production audio-visuelle (1987-1989).

Actuellement, seule la formation des journalistes continue à être assurée par l’IPSI, la formation des documentalistes a été confiée à l’ISD (Institut Supérieur de Documentation), et les autres formations ont été suspendues.

Le développement de ce qui est communément appelé, les métiers de la communication (relations publiques, attachés de presse, communication d’entreprise, publicité, campagnes d’éducation, etc…), et les possibilités d’emplois dont ont pu bénéficier dans ce secteurs, une partie des diplômes de l’IPSI initialement formes pour le journalisme, et l’évolution d’un nombre de plus en plus grand d’écoles de journalisme dans le monde vers la prise en charge de ces nouveaux enseignements, dans un souci de diversification du profil de leurs diplômes, amène un nombre grandissant d’enseignants et de praticiens à appuyer l’introduction graduelle de ces nouveaux enseignements a l’IPSI.

STRUCTURES PEDAGOGIQUES :

L’IPSI est un Institut d’enseignement supérieur, relevant du ministère de l’éducation et des sciences et faisant partie de l’Université des Lettres des Arts et de sciences humaines, Tunis I.

La prise de décision à caractère pédagogique est répartie entre les différents organes suivants, dont les attributions sont délimitées par la loi relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique (no 89-70 du 28 Juillet 1989) et le décret portant organisation des universités (no 89-1939 du 14 Décembre 1989) :

1)    Le président de l’université de Tunis I

2)    Le conseil de l’université

3)    Le directeur de l’IPSI

4)    Le conseil scientifique de l’institut où siègent en plus des représentants des enseignants et des étudiants, des représentants du monde de la presse et des médias (ministère de l’Information, association des journalistes Tunisiens AJT, Association des directeurs de journaux, etc…).

5)    Les trois départements, de presse écrite, d’audio-visuel et de culture fondamentale, qui constituent la structure de base de coordination du travail des enseignants et qui sont dirigés par des directeurs de départements, élus par les enseignants permanents affectes a l’IPSI et faisant partie du département. 

ORGANISATION DES ETUDES :

L’organisation générale de la formation à l’IPSI a connu deux grands moments qui ont vu la mise en œuvre de deux régimes d’études : l’ancien régime qui s’étale de 1968 à 1973 et le nouveau régime qui est entré en vigueur depuis 1973 et qui se poursuit actuellement.

L’ANCIEN REGIME

L’ancien régime était basé sur la « double licence », et qui exige de tout étudiant inscrit à l’IPSI de s’inscrire parallèlement à une autre licence dispensée dans l’une des institutions universitaires. Le choix de l’étudiant pouvait porter sur une licence de lettres, de droit, de science économique ou toute autre spécialité. Chaque étudiant devait ainsi mener des études supérieures de son choix, en plus des enseignements de journalisme que dispensait l’IPSI. La licence en journalisme et sciences de l’information ne pouvait être délivrée après quatre années d’études, que si l’étudiant pouvait justifier d’une autre licence ou maitrise.

L’ancien régime est une réponse parmi d’autres à une question fondamentale à laquelle font face toutes les écoles de journalisme dans le monde : comment combiner deux exigences qui peuvent paraître contradictoires ou concurrentes : d’un côté la nécessité de doter l’étudiant, d’une formation générale ou fondamentale ou académique de haut niveau, nécessaire à un diplômé  qui sera en fait l’observateur de sa société et du monde, et qu’il faut doter des instruments d’observation et d’analyse que peuvent offrir les sciences humaines et sociales et d’un autre côté, l’exigence d’une formation professionnelle capable d’arracher la reconnaissance et le respect de milieux professionnels d’autant plus exigeants que certains d’entre eux, ne sont pas convaincus encore de la de la prise en charge de la formation des journalistes par l’institution universitaire.

L’ancien régime des études à l’IPSI, qui en fait fonctionnait comme des cours dispensés les après-midi, consacrait une division des tâches entre les différentes facultés qui dispensaient un enseignement académique classique et la jeune institution qu’était l’IPSI, avec sa forte orientation professionnelle héritée en partie de l’Institut Bach Hamba : ainsi par le biais de la licence, l’étudiant devait théoriquement acquérir une formation de « culture générale » ou « fondamentale » ou « académique », et par le biais des études à l’IPSI l’étudiant  recevait le complément professionnel nécessaire.

L’obstacle majeur rencontré par cette expérience a été le faible taux d’étudiants qui ont pu réellement achever les deux cursus. Les autres, soit se consacraient à leur licence de lettres, de droit ou de sciences économiques ou abandonnaient les enseignements de l’IPSI ou les suivaient de manière très irrégulière et échouaient aux examens, soit au contraire, se consacraient à l’IPSI et arrivaient à réussir régulièrement en journalisme et abandonnaient en cours de route les autres licences à peine entamées.

De fait l’ancien régime est devenu une formule assez lourde qui d’un côté obligeait les étudiants à suivre, en général en cours de matinée un enseignement de licence dans les facultés d’un volume horaire qui varie selon les licences de 15 à 20 heures par semaine, et d’un autre exigeait des mêmes étudiants d’assister aux enseignements de l’IPSI dispenses en cours d’après-midi et qui atteignaient également un volume de 20 heures.

Le flou du concept de culture générale (ou fondamentale) considéré comme une exigence pour les journalistes et le grand éventail des sciences humaines et sociales pouvant fournir cette culture générale a amené l’IPSI à ne pas se limiter aux enseignements professionnels et à inclure des enseignements tels que la sociologie, l’histoire, la science politique et l’économie.

Sévèrement critiquée par une majorité d’étudiants, largement desservie par la tendance mondiale vers un enseignement spécifique de journalisme, et par une volonté de plus grande autonomie du corps enseignant de l’IPSI par rapport aux autres facultés, la formule de l’ancien régime qui conserve certains partisans, du moins dans sa philosophie a du céder la place en 1973, à la nouvelle formule, actuellement en vigueur à l’IPSI. La dernière promotion de l’ancien régime a quitté l’IPSI en 1976. Environ 72 diplômés ont suivi le cursus de l’ancien régime, dont une partie est détentrice de la double licence.


LE NOUVEAU REGIME.

Le programme du nouveau régime des études à l’IPSI, qui a été mis en application à partir de 1973, prend en charge l’ensemble de la formation académique et professionnelle des étudiants qui arrivent à l’IPSI après un baccalauréat et y passent quatre années pour obtenir une maitrise de journalisme et de sciences de l’information.

Trois axes constituent l’ossature de ce programme :

Enseignement spécialisé, culture fondamentale (ou générale) et langues.

L’axe de l’enseignement spécialisé se subdivise en deux concepts que nous allons dissocier pour des raisons pratiques en vue de proposer une typologie simple et claire des enseignements dispensés : journalisme et communication et sciences de l’information

Le terme journalisme, couvre l’ensemble des cours dont l’objectif pédagogique consiste à pourvoir l’étudiant des notions et du savoir-faire professionnels qui le préparent à exercer le métier de journaliste. Il englobe entre-autres les cours dispensés sous les intitulés suivants : synthèse, interview, secrétariat de rédaction, reportage, journalisme d’opinion, journalisme radiophonique…

Le terme communication et science de l’information, couvre l’ensemble des cours dont l’objectif pédagogique vise à préparer l’étudiant à l’analyse des phénomènes de l’information et de la communication dans leur dimension historique, juridique, sociologique, économique, politique et idéologique.

Le terme culture générale (ou formation fondamentale), couvre les cours du programme dont l’objectif pédagogique peut se résumer dans le fait de doter l’étudiant d’une formation intellectuelle et académique de base qui lui permet la maitrise des instruments d’analyse des faits sociaux et humains et lui procurent l’occasion de tirer réellement profit de l’enseignement spécialisé à dimension professionnelle. Ce terme couvre de manière assez large l’ensemble des disciplines des sciences sociales et humaines représentées dans le programme de l’IPSI par les matières suivantes : droit, science politique, histoire, économie, pensée, statistiques…


 

PROGRAMME DES ETUDES A L’IPSI (1991)

 

1ere

2eme

3eme

4eme

ENSEIGNEMENT SPECIALISE

 

Journalisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Science de l’Information

 

 

 

Synthèse (2H)

Reportage (2H)

Interview (1H)

Actualité (2H)

Introduction au journalisme (2H)

Dactylographie (2H)

 

 

 

Introduction aux Sc. De l’Information (2H)

Théorie de l’Information (1H)

Histoire de la Presse (1H)

 

 

 

 

Enquête (2H)

Radio (2H)

Actualité (1H)

Sources d’Informations (2H)

Agence (2H)

Diction (2H)

Dactylographie (2H)

 

Droit de la Presse (1H)

Psychosociologie de la communication (1H)

Information dans le Tiers monde (1H)

 

 

 

Secrétariat de rédaction (3H)

Radio (2H)

Photo (2H)

Travaux de Rédaction (3H)

Télévision (2H)

Journalisme d’Opinion (2H)

Arts graphiques (1H)

Méthodes de Recherche (2H)

Analyse de Contenu (2H)

Séminaire de recherche en Communication (2H)

Economie de l’information 92H)

 

 

 

Spécialité

(12H)

Audio-visuel

OU

Presse écrite

 

 

 

 

 

 

Méthodes (2H/semestre)

Analyse de Contenu (2H/semestre)

Relations Internationales de l’Information (2H)

 

LANGUES

 

 

Traduction (2H)

Arabe (2H)

Français (2H)

Anglais (4H)

Traduction (2H)

Arabe (2H)

Français (2H)

Anglais (4H)

Traduction (2H)

Anglais (2H)

Traduction (2H)

Anglais (2H)

Culture fondamentale

Histoire (1H)

Economie (2H)

Droit (2H)

Histoire (1H/semestre)

Economie (2H)

Institutions Administratives (1H)

Relations internationales (1H)

Statistiques (2H)

Option Culturelle (6H)

OU

Option politique (5H)

OU

Option économique (5H)

Option Culturelle (7H)

OU

Option politique (4H)

OU

Option économique (5H)

 


 

Le troisième et dernier axe est celui des langues. Il vise à développer les capacités d’expression écrite et orale aussi bien dans la langue nationale, qu’en français et en anglais. Ce souci d’exhaustivité et de pluridisciplinarité qui a caractérisé la programmation du nouveau régime, a eu pour conséquence la confection d’un programme de plus de 30 H d’enseignement par semaine et d’environ 18 matières enseignées pour chacune des trois premières années.

L’étudiant accède à l’IPSI, suite au concours d’orientation des nouveaux bacheliers, organisé par le ministère de l’éducation et des sciences. Comme bien d’autres instituts, l’IPSI est demandé en premier choix par un nombre élevé de bacheliers qui apprécient de plus en plus le système des instituts, supposés procurer plus de chances de réussite, grâce au système du contrôle continu que les facultés et moins soumis aux aléas des « perturbations » que connaissent les grandes concentrations universitaires. Ce choix peut également s’expliquer par l’attrait qu’exerce le métier de journaliste chez un nombre de jeunes qui le considèrent comme « moins conventionnel » et plus « dynamique » que les opportunités professionnelles que peuvent procurer les autres filières qui s’offrent aux littéraires, dans le système universitaire tunisien.

Une brève expérience de test, destinée à évaluer le degré de motivation des bacheliers orientés vers l’IPSI, a été vite abandonnée. Les bacheliers orientés vers l’IPSI, devaient dans le cadre de cette expérience, rencontrer un jury de professeurs de journalisme qui avait la possibilité de demander la réorientation, vers d’autres spécialités, les éléments qu’ils jugeaient insuffisamment motivés pour le journalisme.

Durant le premier cycle tous les étudiants suivent les mêmes enseignements. En troisième année les étudiants ont la possibilité d’approfondir leur formation fondamentale en choisissant l’une des spécialités suivantes : l’option politique, l’option économique et l’option culturelle. L’option est un enseignement qui commence en troisième année et se prolonge en quatrième année et a pour objectif d’approfondir dans un domaine déterminé les connaissance de l’étudiant.

Les options introduisent une certaine souplesse dans l’enseignement et évitent la standardisation réductrice qui fait que le même enseignement est donné durant les quatre années à tous les étudiants. Il est évident que le nombre d’heures qu’occupent les options est limité. Ainsi il y a un enseignement commun à tous les étudiants et un enseignement spécifique que seuls suivent les étudiants qui ont choisi une même option.

Les options jouent à l’IPSI le rôle que joue la mineure dans d’autres systèmes universitaires. Les étudiants américains, à titre d’exemple sont obligés en plus de la spécialité principale qu’ils suivent appelée « majeure », de suivre un ensemble d’autres enseignements d’une autre spécialité appelée « mineure ». Le système du certificat complémentaire exigé à la faculté des lettres au niveau du deuxième cycle, joue à peu près le même rôle d’enrichissement et de diversification, même partielle de la formation.

En quatrième année, les étudiants de l’IPSI, sont obligés de choisir entre deux spécialités : le journalisme de presse écrite et le journalisme de l’audio-visuel. Durant les trois premières années tous les étudiants suivent exactement les mêmes enseignements de journalisme. Chacune de ces deux spécialités bénéficie en quatrième année d’un volume horaire relativement important (12 H/semaine), et les enseignements sont organisés en ateliers avec une forte orientation professionnelle.

A la fin du premier cycle, les étudiants doivent suivre un stage de découverte dans une administration ou une entreprise à caractère économique. Et à la fin de la troisième année tous les étudiants sont affectés pour un mois dans un media tunisien pour un stage à caractère professionnel.

Au cours de la 4 ème année, l’étudiant prépare un mémoire de fin d’études sur un des thèmes du journalisme, de l’information et de la communication. L’étudiant bénéficie d’un encadrement personnalisé qu’assure un professeur choisi par l’étudiant et d’un encadrement collectif dans le cadre de séminaires de recherche.

Le décret no 517 de l’année 1973 fixant la mission, les attributions et l’organisation des études à l’IPSI institue, comme cela est en vigueur dans d’autres instituts, la présence obligatoire à tous les enseignements. Mais en réalité un phénomène d’absentéisme individuel, qui prend des formes quasi collectives est largement constaté depuis plus d’une décennie, cela abstraction faite de l’absentéisme collectif, à caractère syndical ou politique, que connaissent l’ensemble des institutions universitaires.

En cours d’année les étudiants sont soumis à un contrôle continu des connaissances. Ils reçoivent dans chacune des matières enseignées, une note de travaux pratiques (TP). L’ensemble de ces notes donne une note globale qui est comptabilisée au même titre que les notes de l’examen écrit avec le coefficient 3, qui est le coefficient le plus élevé de l’examen écrit.

Comme bien d’autres instituts supérieurs l’IPSI connait des taux de réussite relativement élevés au premier et au deuxième cycle. Si ce taux est normal dans des institutions comme l’IPSI où le contrôle continu est valorisé et où le taux d’encadrement (rapport nombre d’enseignants/nombre d’étudiants) est élevé, il reste néanmoins objet de réserve et même de controverse quand on le met en relation avec le phénomène de l’absentéisme individuel que connait cette institution depuis plusieurs années. L’administration et les enseignants ont eu à traiter de ce problème à plusieurs reprises, comme en témoigne les nombreux procès-verbaux et les rapports consacrés à ce problème.

 

POURCENTAGE DE REUSSITE AUX EXAMENS

DURANT LE PREMIER CYCLE

 

1 ère année

2 éme année

1973

89,3%

100%

1974

57,8%

32,2%

1978

68,1%

82,4%

1979

70,5%

88,4%

1987

83,5%

89,6%

1988

93,7

100%

1989

48,8%

70,4%

1990

62,4%

92,6%

Source : Statistiques des resultats des sessions de juin et septembre, document interne IPSI.

 

 

LE PERSONNEL ENSEIGNANT :

La formation à l’IPSI est assurée actuellement par un staff de 64 enseignants, dont 34 sont affectés à plein temps à l’IPSI et 30 personnes sont affectées dans d’autres établissements universitaires et assurent un enseignement en heures supplémentaires, appelés communément vacataires.

L’écrasante majorité du personnel enseignant appartient au corps du personnel d’enseignement supérieur et sont régis par le statut du personnel de l’enseignement supérieur (décret no 82 du 14 septembre 1982).

En un peu plus d’une décennie, le nombre global d’enseignants plein temps et vacataires a presque double passant de 30 enseignants en 1078 à 64 en 1991.

La composition du personnel enseignant en fonction des disciplines est assez variée, et reflète la philosophie de la formation al ‘IPSI qui intègre en plus de l’enseignement spécialisé en journalisme et en communication et de l’enseignement des langues (Arabe, Français, Anglais), une panoplie de disciplines assez large, qui essaye de couvrir avec beaucoup de limites, l’ensemble des disciplines des sciences humaines et sociales.

Cette diversité des disciplines ne doit pas rendre impossible une typologie qui classe le personnel d’enseignement en deux groupes : ceux qui assurent les enseignements spécialisés de journalisme et de communication et qui sont tous recrutés par la commission nationale des sciences de l’information, et ceux qui assurent l’enseignement des autres disciplines et qui relèvent pour le recrutement et la promotion des autres commissions (Français, Anglais, arabe, science politique, droit,…)

Si au niveau de l’ensemble des enseignants plein temps et vacataires, le nombre de ceux qui appartiennent à la discipline science de l’information, représente moins que la moitié (soit 26 en sciences de l’information et 38 appartenant à d’autres disciplines), au niveau des plein temps par contre, les 2/3 des enseignants appartiennent aux sciences de l’information et les autres aux autres disciplines et en particulier aux langues.


 

 

EVOLUTION DES EFFECTIFS D’ENSEIGNANTS PLEIN TEMPS ET VACATAIRES PAR DISCIPLINE ENTRE 1978 ET 1990

 

PLEIN TEPS

VACATAIRES

TOTAL

 

1978

1990

1978

1990

1978

1990

Sciences de l’information

13

23

2

3

Dont deux en situation de détachement

15

26

Autres disciplines

7

11

Dont deux contractuels

16

27

23

38

total

20

34

18

30

38

64

Source : Ce tableau a été établi pour l’année 1978 à partir des procès-verbaux des assemblées générales des enseignants et du programme des matières enseignées et pour l’année 1990 à partir de la liste du personnel enseignant établie par l’administration.

 

 

Il est indéniable que l’IPSI qui a fonctionné au début des années 1970 avec une équipe modeste d’enseignants a pu se doter, deux décennies plus tard d’une équipe d’enseignants spécialisée d’un peu plus de 20 personnes, dont un nombre important est diplômé de l’Institut et a bénéficié d’un enseignement de 3 ème cycle en France.

Cette équipe est relativement jeune et appartient en général au grade d’assistant et de maitre-assistant. Le nombre de professeurs et de maitres de conférences, est réduit. La répartition par grade, qui montre l’importance numérique des maitres-assistants, ne doit pas faire oublier que les maitres-assistants dont l’ancienneté est plus grande ont constitué l’équipe initiale d’enseignants fondateurs de l’institut qui a eu l’honneur et la charge de concevoir la politique de formation des journalistes dans des conditions difficiles. Ils ont assure la formation d’une partie de leurs collègues plus jeunes et jouissent d’un statu moral que ne doit pas cacher une lecture superficielle du tableau fixant la répartition des enseignants par grades.

Un nombre croissant d’enseignants appartenant à la discipline science de l’information a une expérience professionnelle plus ou moins longue. Cette tendance est encouragée par certains membres de la commission nationale de recrutement d’assistants en sciences de l’information, qui ont commencé depuis quelques années à valoriser l’expérience professionnelle comme critère d’évaluation et de sélection des candidats.

De même certains enseignants maintiennent par une initiative personnelle louable un contact avec le monde des medias en collaborant sous une forme ou une autre avec des journaux ou avec la RTT.

Plusieurs enseignants ont également bénéficié de stages à caractère professionnel en particulier auprès du centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) et de l’institut national de l’Audio-visuel (INA) en France et du Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et communicateurs (CAPJC) en Tunisie.


REPARTITION DES ENSEIGNANTS PLEIN TEMPS PAR DISCIPLINE ET PAR GRADE (1990)

 

Sciences de l’information

Autres disciplines

Total

Professeur

 

1

 

1

Maitre de conférence

3

 

3

Maitre-assistant

11

6 dont 1 contractuel

17

Assistant

 

7

1

8

Professeur d’enseignement secondaire PES

1

4 dont un contractuel

5

Total

 

23

11

34

 

Source : tableau établi à partir de la liste nominative du personnel enseignant, administratif et ouvrier 1990-91

 

Ces différentes initiatives prises soit par l’administration et en particulier grâce à la coopération, soit à un niveau individuel, ont permis de pallier même partiellement le déficit d’expérience professionnelle des enseignants de journalisme et de communication, recrutés pour leurs performances académiques, comme cela est de tradition, dans les universités.

Ce problème est connu pour l’ensemble des écoles de journalisme dans le monde Arabe et en Afrique : faut-il confier l’enseignement du journalisme à des professionnels qui ont une formation académique modeste ou inexistante, ou au contraire et conformément aux exigences des statuts et des traditions universitaires,  recruter des diplômés du supérieur, docteurs de troisième cycle, sans expérience professionnelle.

Il est vrai qu’actuellement, le problème ne se pose plus en ces termes en Tunisie. Apres deux décennies de fonctionnement et après avoir contribué à un renouvellement même partiel de la profession par l’injection depuis plus de quinze ans de journalistes diplômés, l’IPSI peut mettre sur pied une politique de formation de formateurs, qui lui a longtemps fait défaut. Certaines actions doivent être renforcées (participation des professionnels à la formation),  et d’autres doivent être adoptées (planification de la formation des formateurs).

Nous avançons à titre indicatif les mesures suivantes qui peuvent contribuer à une plus grande conciliation entre formation académique et capital d’expérience professionnelle :

  1. Même si les textes régissant les procédures de recrutement des assistants en sciences de l’information, ne le prévoient pas explicitement, les commissions de recrutement devraient considérer de manière systématique, la possession d’une expérience professionnelle dans le domaine du journalisme et des medias, comme critère de sélection au grade d’assistant.

  2. Intensifier la politique de recyclage des enseignants actuellement en exercice en dotant l’IPSI d’opportunités de stages à l’étranger et en facilitant la participation aux sessions de recyclage organisées au cours de l’année scolaire par le CAPJC.

  3. Envisager le recrutement de professionnels expérimentés, détenteurs d’un DEA, l’antécédent de l’Institut Supérieur de documentation qui recrute certains de ses assistants parmi les documentalistes professionnels détenteurs du  Diplôme de conservateur, peut être généralisé à l’IPSI, en vue de permettre à cette institution de renforcer pour les années son équipe d’enseignants, de formateurs ayant un capital appréciable d’expérience professionnelle.

  4. Organisation en collaboration avec le CAPJC, d’une session périodique de recyclage en journalisme et d’initiation à la pédagogie du journalisme en vue de constituer un vivier de journalistes professionnels de différentes spécialités, qui peuvent le cas échéant intervenir dans la formation à l’IPSI en tant que professionnels vacataires. Le CAPJC a eu le mérite d’organiser une session de formation de formateurs à l’échelle maghrébine en 1986.

  5. Reconsidérer la rémunération des professionnels assurant en vacation un enseignement à l’IPSI. Un protocole d’accord entre l’IPSI et des medias comme la RTT ou l’agence TAP pourrait permettre de trouver une formule pour une meilleure utilisation, par l’IPSI de professionnels.

  6. Encourager par une série de mesures pratiques les professionnels détenteurs d’une maitrise ou d’un DEA en sciences de l’information à poursuivre leurs études académiques en vue d’accéder à l’enseignement supérieur, conformément aux procédures de recrutement en vigueur. Des bourses de troisième cycle peuvent être réservées à cette catégorie de professionnels. Il est évident que contrairement au début des années 1970, la profession de journaliste en Tunisie, compte un nombre de plus en plus important de professionnels détenteurs d’un diplôme universitaire du niveau de la maitrise et plus, riches d’une expérience de plus de dix ans d’exercice de la profession. C’est dans cette catégorie de professionnels qu’il faut savoir trouver les ressources humaines les plus performantes pour l’enseignement du journalisme. Le tout est de trouver les formules les plus efficaces pour permettre à l’IPSI de mieux utiliser les compétences que peut offrir la profession.

  7. Favoriser dans le cadre des structures compétentes, une discussion franche et profonde sur les tâches des enseignants chercheurs affectés à pleintemps et les difficultés qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur profession. Aucune amélioration sérieuse de la qualité du service offert par l’institution, ne peut se faire dans l’ignorance des attentes, des frustrations, des observations, des revendications et des propositions du corps des enseignants. Il est évident que ce genre de problèmes se pose à une échelle globale au niveau de l’ensemble des enseignants du supérieur, cette action d’écoute des enseignants d’une même institution en vue de faire la radiographie des difficultés et des blocages spécifiques à chaque spécialité et à chaque institution, s’impose avant d’envisager toute réforme.

 

LES FLUX D’ETUDIANTS

LES EFFECTIFS SCOLARISES :

Au cours de l’année universitaire 1990-1991, 418 étudiants poursuivent leurs études à l’IPSI, dans les quatre années d’enseignement. Les jeunes filles représentent une nette majorité de 2/3 des effectifs (67% de l’ensemble des étudiants).

EFFECTIFS DES ETUDIANTS POURSUIVANT LEUR SCOLARITE EN JOURNALISME A L’IPSI 1990-91

(y compris les étrangers)

Source : IPSI

 

ETUDIANTS

ETUDIANTES

TOTAL

1 ère année

 

59

114

173

2 ème année

 

35

59

94

3 ème année

 

35

83

118

4 ème année

 

7

26

33

Total

 

136

282

418

 

Le nombre de bacheliers orientés par le ministère vers le journalisme, relativement élevé en 1973, a évolué en dents de scie entre 1975 et 1987 avec une baisse assez perceptible entre 1979 et 1982 et une forte hausse à partir de 1988.

 

 


Le nombre élevé de bacheliers orientés vers l’IPSI, s’explique en grande partie par la pression que constitue l’évolution des effectifs de bacheliers, que le ministère se doit de canaliser vers les différentes branches littéraires de l’université.

La période de baisse mentionnée entre 1979 et 1981 a correspondu à un effort de sensibilisation menée par les enseignants de l’IPSI et les journalistes professionnels (en particulier l’Association des Journalistes Tunisiens AJT), alarmés par le nombre élevé de diplômés de journalisme qui n’arrivaient pas à trouver un emploi dans les medias.

Le corps des enseignants de l’IPSI et les journalistes professionnels diplômés de l’IPSI, ont exprimé à maintes reprises, leur inquiétude devant le flux croissant d’étudiants orients vers l’IPSI. Dans une note adressée au ministère de l’enseignement supérieur le 24-6-1989 et annexée au procès-verbal de la réunion des professeurs du même jour tenue sous la présidence du directeur, les enseignants font remarquer que le nombre d’étudiants orientés vers l’IPSI a crû de manière sensible et pose des problèmes d’encadrement (le nombre des enseignants et les équipements à caractère pédagogique), et des problèmes d’insertion des diplômés dans la profession, dont les capacités d’absorption sont limitées. De taille réduite, puisqu’en 1990 le nombre de professionnels dépasse à peine les 600 personnes, cette profession est considérée comme ouverte, dans la mesure ou aucun diplôme n’est légalement requis pour l’exercer. Les diplômés de l’IPSI se trouvent ainsi, nécessairement en compétition avec l’ensemble des autres diplômés des sections littéraires et sociales qui aspirent à faire du journalisme.

Certains enseignants pensent qu’une des solutions consisterait à faire évoluer les programmes en vue d’introduire de nouvelles filières pour permettre une plus grande insertion des diplômés dans les métiers de la communication. Un effort de réflexion a été mené dans ce sens, et mérite toute l’attention des autorités compétentes pour le faire aboutir.

LES DIPLOMES

Apres deux décennies de fonctionnement, l’IPSI a formé un peu plus de 600 diplômés en journalisme, tous titulaires de la maitrise de journalisme et des sciences de l’information. Il s’ajoute à ce nombre, des étudiants qui tout en ayant réussi la 4 ème année, tardent à soutenir leur mémoire de fin d’études et ne sont pas comptabilisés de ce fait parmi les diplômés.

Un peu plus de 50 diplômés sont originaires de pays Arabes et Africains, et représentent malgre les difficultés linguistiques que pose leur intégration dans le cursus de l’IPSI, un rayonnement pour l’institution et un modeste support qu’il faut savoir apprécier et valoriser, pour la formation de journalistes africains.

Il faut néanmoins souligner, à la lumière des données provisoires disponibles, qu’un taux relativement élevé d’étudiants étrangers s’inscrivent à l’IPSI et n’arrivent pas à achever leurs études. C'est du moins l’observation que nous amène à faire la lecture d’une liste provisoire établie par l’administration, des étudiants qui se sont inscrits à l’IPSI, et de ceux qui ont achevé leur maitrise (soit un peu plus de 150 étudiants inscrits dont 50 ayant entièrement achevé leur scolarité).

 

DIPLOMES EN JOURNALISME FORMES A L’IPSI (1971-1991)

1971-1976

72 dont 6 filles

1977-1981

257 dont 55 filles

1982-1986

114 dont 47 filles

1987-Fevrier 1991

168 dont 88 filles

Total

611 dont 196 filles

Source : liste de diplômés fournie par l’administration.

 

Si globalement le nombre d’étudiants diplômés est plus élevé que celui des étudiantes, puisque celles-ci ne représentent que le tiers des effectifs de diplômés, on observe une nette progression du taux de jeunes filles diplômées depuis quelques années. Alors qu’elles ne représentaient entre 1977 et 1981 qu’environ 1/5 des diplômés, elles en représentent la moitié entre 1987 et 1991.

Il est certain que cette progression est la conséquence de la nette progression du taux de jeunes filles qui accèdent à l’université et en particulier dans les branches littéraires. Mais cette évolution ne restera pas sans conséquences sur une profession jusque-là faiblement féminisée.

 

L’IPSI offre à un nombre limité de journalistes professionnels la possibilité d’accéder à des études universitaires par le biais d’un concours organisé chaque mois de septembre et ouvert aux journalistes professionnels non titulaires du baccalauréat et ayant une ancienneté de trois années au moins. Bien que prévus par les textes régissant l’institution universitaire, cette disposition est peu pratiquée en Tunisie.

Depuis sa création, l’IPSI a permis à environ 53 journalistes professionnels d’accéder à des études supérieures après avoir subi avec succès le concours d’entrée. Mais moins de la moitié (soit 18 professionnels) ont achevé leur maitrise. Les autres ont soit poussé leurs études jusqu’à la quatrième année et tardent à soutenir leur mémoire de fin d’études, soit ont abandonné les études, le plus souvent pour des raisons dues à la difficulté de concilier leur activité professionnelle et leurs études. Au cours de leur scolarité les professionnels sont assimilés aux autres étudiants et sont soumis aux mémés obligations de présence et de contrôle continu. L’expérience de la formation des professionnels par l’IPSI, devrait faire l’objet d’une réflexion approfondie en vue de rendre cette disposition prévue par les textes plus largement et plus utilement utilisée par les journalistes en quête de promotion professionnelle.

Quand on parle des diplômes d’une institution de formation, la question de fond est sans nul doute le devenir de ces diplômés une fois mis sur le marché de l’emploi.

Globalement, les diplômés de l’IPSI qui sont formés pour le journalisme, soit exercent la profession de journaliste dans un media tunisien ou étranger ( un nombre croissant collabore avec des medias étrangers à Tunis ou à l’étranger), soit travaillent dans le secteur de l’information et de la communication (attachés de presse, relations publiques, ministère de l’information, enseignement du journalisme a l’IPSI, monde de l’édition), soit exercent le métier d’enseignant du secondaire (en particulier l’enseignement du français et plus récemment l’instruction civique), soit sont employés de l’administration publique ou privée (un nombre non négligeable a réussi différents concours de l’administration publique).

Nous ne disposons pas de données précises sur la proportion de diplômés de l’IPSI dans ces différents secteurs, mais certaines estimations peuvent être avancées.

En 1981, l’IPSI et le ministère de l’Information et l’AJT ont collaboré pour organiser un séminaire sur la formation et l’emploi des cadres journalistiques (3-4 Avril). Une enquête a été réalisée auprès des diplômés de l’IPSI et des employeurs pour évaluer la formation et les conditions d’insertion des diplômés. Un document présenté lors de ce séminaire, fait le point de la situation des diplômés de l’IPSI dans différents secteurs. Il ressort que 93 diplômés exercent en 1981 le métier de journaliste sur un total de 271 diplômés formés jusqu’en 1980 (y compris les étrangers), soit une proportion de 34% des diplômés.

PRESENCE DE DIPLOMES DE L’IPSI DANS DIFFERENTS SECTEURS DE L’EMPLOI (1981)

Journalisme

93

dont

Quotidiens

32

Hebdomadaire

20

TAP

24

RTT

17

Ministères

83

Dont

Education nationale

46

Autres

 

37

Organismes étatiques

 

27

Banques, entreprise privées, organisme internationaux

 

21

Divers

 

47

Total général

 

271

 

Source : FORMATION ET EMPLOI DE CADRES JOURNALISTIQUES 3-4 AVRIL 1981, document no 5, Répartition des promotions par sexe et organisme, IPSI, Ministère de l’Information.


En 1985, une liste des promotions de l’IPSI établie par l’administration, nous permet d’observer que sur environ 500 diplômés formés entre 1981 et 1985 (dont une trentaine sont de nationalité étrangère), environ 120 personnes (soit ¼ des diplômés) tunisiens travaillent directement dans le journalisme. Ceux qui occupent un emploi en relation avec l’information et la communication dans une entreprise publique ou privée, ne sont pas recensés.

Timide au cours des années 1970, la proportion de diplômés de l’IPSI exerçant le journalisme s’est nettement amélioré au cours des années, S’il n’est pas le seul pourvoyeur de la profession en cadres, l’ISI est devenu le principal acteur de la formation initiale des journalistes en Tunisie.

L’indicateur le plus récent est la proportion importante (49,5% de journalistes professionnels qui ont répondu avoir suivi des études universitaires de journalisme sont en quasi-totalité issus de l’IPSI), lors de l’enquête CAPJC-Institut Laamouri, sur les besoins des journalistes tunisiens en matière de formation permanente, de 1990.

Cette proportion devrait être rectifiée légèrement à la baisse. Les données provisoires du dépouillement des dossiers de la carte professionnelle, nous permettent d’estimer la proportion de journalistes professionnels qui déclarent avoir suivi une formation initiale en journalisme a 36% de l’ensemble de la population, photographes, cameramen et rédacteurs documentalistes, compris. Cette proportion atteint 42% du personnel compte non tenu des photographes, des cameramen et des documentalistes.

Très minoritaires il y a quelques années, les diplômés de l’IPSI sont actuellement de fortes minorités dans les différentes rédactions des medias tunisiens et sont même en phase de devenir majoritaires dans certains organismes de presse (RTT, TAP).


 

CONCLUSION

De petite taille si on le compare à d’autres institutions universitaires et si l’on considère le nombre d’étudiants, l’effectif des enseignants, le budget alloué et le nombre de diplômés émis sur le marché de l’emploi, par rapport à l’ensemble du système universitaire, l’IPSI a néanmoins joue un rôle assez perceptible durant les quinze dernières années dans le secteur du journalisme.

NOMBRE D’ETUDIANTS, DE DIPLOMES DELIVRES ET BUDGET DE L’IPSI ET DE L’ENSEMBLE DU SYSTEME UNIVERSITAIRE (1991)

 

IPSI

ENSEMBLE DU SYSTEME

Nombre d’étudiants

Dont étudiantes

 

418

68535

(282)

(26989)

Nombre de professeurs plein temps

 

34 (1)

4550

Diplômes délivrés

 

44

5552

Budget (loi de finances 1991)

0,203

(millions de dinars)

161, 536

Source : Brochure du service de statistique : l’ENSEIGNEMENT ET LA FORMATION SUPERIEURE EN CHIFFRES, ministère de l’Education et des sciences, 1991.

(1) Source : IPSI.

 

Par l’injection timide au début des années 1970 puis plus forte de diplômés en journalisme, l’IPSI a largement contribué à l’émergence, du moins à l’accélération de transformations profondes et durables du profil du journaliste tunisien. Cet apport qui est un fait observable si l’on s’en tient à la part que représentent les journalistes professionnels issus de l’IPSI, est diversement apprécié par les différents partenaires concernés par l’évolution du secteur de l’information.

Apres deux décennies de fonctionnement, il est naturel de permettre à toutes les institutions et les personnes concernées d’évaluer de manière critique le chemin parcouru et de concevoir les grandes lignes des évolutions possibles.

L’IPSI a donné, par le passé, à plusieurs reprises aux différents partenaires la possibilité d’évaluer son action. Les critiques les plus virulentes ont été formulées et les encouragements les plus francs ont été exprimés. Mais ces occasions d’une richesse intellectuelle et humaine inestimable (rencontres entre professionnels et corps enseignant), ont le plus souvent souffert d’absence de suivi ou du moins d’une forte hésitation à engager les reformes nécessaires. Il est vrai que les directions à suivre ne sont pas évidentes et font l’objet d’appréciations divergentes, tant les voies et les expériences de formation de journalistes, sont multiples.

Fort de son expérience de deux décennies de pratique pédagogique et d’observation des évolutions du marché de l’emploi, l’IPSI est en mesure avec l’aide de l’ensemble des acteurs principaux du secteur de l’information en Tunisie, de pallier ses insuffisances et de s’instruire des critiques qui lui sont adressées.


 

ANNEXE I

POUR UNE FORMATION PLUS APPROPRIEE

Ridha METHNANI

Directeur de l’IPSI

Harcelé par mon collègue et ami Mehdi Jendoubi au sujet de mon opinion quant a la formation des journalistes à l’institut de presse et des Sciences de l’Information (IPSI), je réponds volontiers à sa demande en articulant ma pensée autour de 3 éléments :

1/ Le cadre institutionnel :

L’IPSI qui fête en 1992, son 25 ème anniversaire, constitue désormais le cadre national le plus adéquat pour la formation des journalistes.

Le personnel enseignant de plus en plus spécialisé, l’infrastructure (studios radio et télévision, unité PAO, laboratoire photo, etc), les activités scientifiques et pédagogiques cumulées, offrent un cadre de formation approprie. C’est cela sans doute qui a permis aux diplômés de l’IPSI (environ 620) d’être opérationnels et compétents.

2/ la spécificité de la formation 

 La formation acquise à l’IPSI se distingue indéniablement par sa spécificité à la fois académique et pratique, variée et polyvalente, cette formation touche a une panoplie de disciplines.

La formation doit doter le futur journaliste non seulement des outils d’analyse, des éléments de connaissances indispensables mais surtout de la capacité d’appréhender les faits dans leur totalité. Car la synthèse est le fondement de l’écriture et l’on n’écrit convenablement que ce que l’on assimile.

 

3/ Les horizons de la formation a l’IPSI

 

Tout en constatant qu’il appartient au conseil scientifique de l’IPSI d’arrêter la politique à suivre en matière de formation, il n’est pas vain de remarquer que l’IPSI entend varier son produit pédagogique afin de satisfaire les besoins de notre pays en matière de communication d’information et de presse.

Pour cela les structures de formation (les programmes) doivent se caractériser essentiellement par la souplesse pour mieux s’adapter aux enjeux de l’heure.

Le 21 ème siècle, ère par excellence de la communication et des nouvelles technologies, assistera à l’émergence dans notre pays des métiers fortement variés relevant de la communication et de l’information, l’IPSI devra alors assumer pleinement son rôle historique.


Le rédacteur du rapport tient à remercier toutes les personnes qui l’ont aidées à réaliser ce travail en lui fournissant les informations et les documents nécessaires, et en particulier   M. Ridha Methnani, directeur de l’Institut de presse et des Sciences de l’information (université Tunis 1). Les remerciements vont également à M. Taoufik khenfir et Abdelkrim kekli de l’IPSI.

Les données chiffrées figurant dans ce rapport, sont provisoires et peuvent être rectifiées ultérieurement.

Source:

CONSEIL SUPERIEUR DE LA COMMUNICATION

LA FORMATION DES CADRES DANS LES DOMAINES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION :

I.LA FORMATION DES JOURNALISTES.

DOCUMENT N I :

L’IPSI PRINCIPAL ACTEUR DE LA FORMATION INITIALE DES JOURNALISTES EN TUNISIE.

Rédigé par Mehdi Jendoubi

Maître-assistant a l’IPSI

(Université Tunis I)

Septembre 1991.


 


Remarque (actualisée 2022):

Une Troisième réforme des programmes de l’Ipsi a été adoptée par une Commission Nationale en 1992, soit deux décennies après la mise en application de la seconde reforme (voir rapport ci-haut : l’IPSI PRINCIPAL ACTEUR DE LA FORMATION INITIALE DES JOURNALISTES). L’horaire global qui constituait un réel fardeau  a été allégé et limité à 22h, le premier cycle a été essentiellement réservé à la formation fondamentale et plusieurs enseignements de journalisme qui figuraient dès la première année dans l’ancien programme ont été condensés dans un enseignement intitulé techniques de rédaction et le second cycle a été dédié à la formation professionnelle et spécialisée.

Malheureusement un manque de tact et d’esprit d’ouverture des autorités politiques de l’époque, qui n’ont pas suffisamment associé les enseignants dans leur diversité, a fait croire à une partie du corps enseignant que cette réforme dont les termes étaient objet de longues discussions internes intenses et passionnées, était imposée par le pouvoir et n’a pas respecté les procédures d’usage dans le milieu universitaire.  

La formule des options au second cycle (groupe d’enseignements apparentés étalés sur les deux années du second cycle, que devaient choisir les étudiants), qui présentait l’avantage depuis la réforme de 1972/73, de diversifier le profil des diplômés, et d'approfondir leurs connaissances dans un savoir spécialisé (économie, politique et culture), a été trop allégée et a perdu son originalité. L’enseignement à caractère professionnel a été renforcé en 4ème année dans le cadre d’ateliers de production, auxquels un horaire consistant a été alloué.  

 

1ère année 

 

 

2ème année 

 

  Langues 

 

            Arabe (langue et civilisation) 

            Français 

            Anglais 

 

 

 

  Formation fondamentale 

 

 

            Droit constitutionnel 

            Economie générale 

            Sociologie 

            Informatique 

 

 

  Formation spécialisée théorique et pratique 

 

  

             

            Histoire des médias 

             

            Initiation à la communication  et 

            connaissance des médias 

             

            Initiation aux relations publiques 

             

            Actualité 

             

            Techniques de rédaction de la   

             nouvelle      

 

 

2 

2 

2 

 

 

 

 

 

 

1.30 

1.30 

1.30 

3 

 

 

 

 

 

 

 

1 

 

 

1.30 

 

1.30 

 

1.30 

 

 

3 

 

 

 

  Langues 

 

           Arabe (langue et civilisation) 

            Français 

            Anglais 

 

 

 

  Formation fondamentale 

 

 

           Droit administratif et international  

           Economie et gestion 

           Psychosociologie 

           Informatique : nouvelles     

           Technologies 

 

  Formation spécialisée théorique et pratique 

 

 

            Journalisme :le reportage 

             

            Marketing 

            

            Publicité 

           

            Audiovisuel 

             

            Théories de l'information et                                    

             sociologie des médias 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 

2 

2 

 

 

 

 

 

 

1.30 

1.30 

1 

 

3 

 

 

 

 

 

  3 

 

1.30 

 

1.30 

 

1.30 

 

 

1.30 

 

 

 

   Total 

22 

  Total 

22 

 

 

3ème année Journalisme 

 

 

4ème année journalisme 

 

  Formation spécialisée théorique et pratique 

 

 

            Droit de l'information 

 

            Journalisme :genres d'information 

           d'analyse et d'opinion 

 

           Secrétariat de rédaction et arts 

           Graphiques 

 

           Télévision 

            

            Radio 

 

            Photographie 

            

            Speaking 

 

 

 

 

 

 

  Langues 

 

            Traduction 

 

             Langue étrangère 

 

 

  Formation fondamentale 

 

 

            Option 

             (dans une des disciplines 

               scientifiques)   

        

            Méthodes des sciences sociales 

 

 

 

 

 

1.30 

 

 

4 

 

 

2 

 

2 

 

2 

 

1.30 

 

1.30 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.30 

 

1.30 

 

3 

 

 

 

1.30 

 

    

  Formation spécialisée théorique et pratique 

 

 

            Presse écrite 

            ou 

            Radio 

            (dont une heure de speaking) 

            ou 

            Télévision 

             (dont une heure de speaking) 

            ou 

            Presse électronique/journalisme 

            en ligne 

 

            Atelier d'écriture 

              (soutien linguistique et 

               rédactionnel intégré aux ateliers 

               spécialisés) 

 

            Gestion des médias 

                

            Séminaire d'encadrement des   

            mémoires 

 

  Langues 

             

            Traduction 

              

            Langue étrangère 

 

 

  Formation fondamentale 

 

 

            Option 

            (dans une des disciplines 

              scientifiques) 

 

            Droits de l'homme 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10 

 

 

 

 

 

  2 

 

 

 

 

1.30 

 

 

2 

 

 

 

   1 

 

1.30 

 

 

 

 

 

3 

 

 

 

1 

 

 

 

  Total 

22 

   Total 

  22 

 

Au cours de la décennie 1990, une expérience innovante et éphémère conçue par le professeur Ridha Najar, puisqu’elle s’est étendue sur trois sessions uniquement (avec un diplôme supérieur obtenu en une seule année scolaire), a été lancée et a consisté à délivrer un diplôme supérieur de journalisme, après le suivi de cours intensifs sous forme d’ateliers successifs de journalisme, et a été reversé aux candidats titulaires d’une licence acquise préalablement dans les différentes disciplines universitaires, exception faite du journalisme, et avait pour principal objectif  de promouvoir le journalisme spécialisé. Quelques rares jeunes licenciés de physique ont pu y accéder à côté de collègues diplômés en lettres ou en économie et autres sciences sociales.

L’Ipsi connaitra une quatrième réforme en 2002, avec l’adoption du système LMD (Licence, Mastère, Doctorat), généralisé au niveau de l’ensemble du système universitaire et verra la création de licences fondamentales et à vocation pratique. En plus du journalisme l’Ipsi introduira une licence de communication donnée en choix avec la traditionnelle formation en journalisme à la fin du premier cycle. De même plusieurs mastères spécialisés ont été lancés.

Cette réforme permettra aussi de mieux rééquilibrer les enseignements du journalisme et de la communication et de les répartir progressivement entre les deux cycles, ce qui en fait a apporté un correctif à la reforme antérieure de 1992 qui a pratiquement vidé le premier cycle des enseignement spécialisés. Cela d’ailleurs a été très mal vécu par les étudiants qui s’orientaient à l’IPSI pour faire du journalisme et avaient l’impression, les deux premières années de continuer leur bac, plongés dans des enseignements de langue et de culture générale, et cela les démotivait.

Récapitulatif chronologique :

67/70-1976 (1970 : sortie première promotion de l’ancien régime de la double licence qui sépare formation spécialisée en journalisme et formation universitaire dite de culture générale en deux cursus parallèles, les cours de l’Ipsi étant programmes les après-midi)

73/77-1991 (1777 : sortie de la première promotion nouveau régime (qui est en fait la huitième promotion de l’Ipsi communément appelée licence intégrée ou unique qui ambitionner de doter l’étudiant d’une double formation en journalisme et en culture générale dans un même cursus)

1992-2002 (premier cycle plutôt réservé à la culture générale et second cycle plutôt consacré a la formation spécialisée et professionnelle).

2003-Aujourd’hui

 

تم نشره ببادرة من ودادية قدماء معهد الصحافة و علوم الإخبار 

سنة 2009 بمناسبة الذكرى 40 لتأسيس المعهد





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