La mission de l’IPSI, délimitée en 1973, consiste à dispenser un enseignement supérieur spécialisé dans le domaine de l’information et un enseignement de formation fondamentale. L’IPSI est appelé à former les cadres de la presse, de l’information et de la communication, et à promouvoir la recherche dans le domaine du journalisme et des sciences de l’information (Décret n 517 du 30 octobre 1973, relatif à la délimitation de la mission et des attributions et à l’organisation des études à l’IPSI).
Même si le champ de spécialité de l’IPSI a été largement défini pour englober ce qui est communément appelé aujourd’hui le champ de la communication, l’IPSI s’est essentiellement limité à la formation des journalistes, qui constituent après deux décennies de fonctionnement, la grande majorité de ses diplômés. Il faut néanmoins signaler qu’il a eu la charge entre 1979 et 1988 de relayer l’Ecole nationale d’Administration (ENA), dans la formation de documentalistes bibliothécaires et archivistes. Il a également et pour une brève période mis sur pied un groupe de formation en cycle court de deux ans après le baccalauréat, dans le domaine des relations publiques, des métiers du livre et de la production audio-visuelle (1987-1989).
Actuellement, seule la formation
des journalistes continue à être assurée par l’IPSI, la formation des
documentalistes a été confiée à l’ISD (Institut Supérieur de Documentation), et
les autres formations ont été suspendues.
Le développement de ce qui est communément appelé, les métiers de la communication (relations publiques, attachés de presse, communication d’entreprise, publicité, campagnes d’éducation, etc…), et les possibilités d’emplois dont ont pu bénéficier dans ce secteurs, une partie des diplômes de l’IPSI initialement formes pour le journalisme, et l’évolution d’un nombre de plus en plus grand d’écoles de journalisme dans le monde vers la prise en charge de ces nouveaux enseignements, dans un souci de diversification du profil de leurs diplômes, amène un nombre grandissant d’enseignants et de praticiens à appuyer l’introduction graduelle de ces nouveaux enseignements a l’IPSI.
STRUCTURES PEDAGOGIQUES :
L’IPSI est un Institut
d’enseignement supérieur, relevant du ministère de l’éducation et des sciences
et faisant partie de l’Université des Lettres des Arts et de sciences humaines,
Tunis I.
La prise de décision à caractère pédagogique
est répartie entre les différents organes suivants, dont les attributions sont délimitées
par la loi relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique (no 89-70 du 28
Juillet 1989) et le décret portant organisation des universités (no 89-1939 du 14 Décembre
1989) :
1)
Le président de l’université de Tunis I
2)
Le conseil de l’université
3)
Le directeur de l’IPSI
4)
Le conseil scientifique de l’institut où siègent en plus des représentants des enseignants et
des étudiants, des représentants du monde de la presse et des médias (ministère
de l’Information, association des journalistes Tunisiens AJT, Association des
directeurs de journaux, etc…).
5) Les trois départements, de presse écrite, d’audio-visuel et de culture fondamentale, qui constituent la structure de base de coordination du travail des enseignants et qui sont dirigés par des directeurs de départements, élus par les enseignants permanents affectes a l’IPSI et faisant partie du département.
ORGANISATION DES ETUDES :
L’organisation générale de la
formation à l’IPSI a connu deux grands moments qui ont vu la mise en œuvre de
deux régimes d’études : l’ancien régime qui s’étale de 1968 à 1973 et le
nouveau régime qui est entré en vigueur depuis 1973 et qui se poursuit
actuellement.
L’ANCIEN REGIME
L’ancien régime était basé sur la
« double licence », et qui exige de tout étudiant inscrit à l’IPSI de
s’inscrire parallèlement à une autre licence dispensée dans l’une des
institutions universitaires. Le choix de l’étudiant pouvait porter sur une
licence de lettres, de droit, de science économique ou toute autre spécialité.
Chaque étudiant devait ainsi mener des études supérieures de son choix, en plus
des enseignements de journalisme que dispensait l’IPSI. La licence en
journalisme et sciences de l’information ne pouvait être délivrée après quatre années
d’études, que si l’étudiant pouvait justifier d’une autre licence ou maitrise.
L’ancien régime est une réponse
parmi d’autres à une question fondamentale à laquelle font face toutes les écoles
de journalisme dans le monde : comment combiner deux exigences qui peuvent
paraître contradictoires ou
concurrentes : d’un côté la nécessité de doter l’étudiant, d’une formation générale ou
fondamentale ou académique de haut niveau, nécessaire à un diplômé qui sera en fait l’observateur de sa société
et du monde, et qu’il faut doter des instruments d’observation et d’analyse que
peuvent offrir les sciences humaines et sociales et d’un autre côté, l’exigence d’une formation
professionnelle capable d’arracher la reconnaissance et le respect de milieux professionnels
d’autant plus exigeants que certains d’entre eux, ne sont pas convaincus encore
de la de la prise en charge de la formation des journalistes par l’institution
universitaire.
L’ancien régime des études à l’IPSI, qui en fait fonctionnait comme des cours dispensés les après-midi, consacrait une division des tâches entre les différentes facultés qui dispensaient un enseignement académique classique et la jeune institution qu’était l’IPSI, avec sa forte orientation professionnelle héritée en partie de l’Institut Bach Hamba : ainsi par le biais de la licence, l’étudiant devait théoriquement acquérir une formation de « culture générale » ou « fondamentale » ou « académique », et par le biais des études à l’IPSI l’étudiant recevait le complément professionnel nécessaire.
L’obstacle majeur rencontré par cette expérience a été le faible taux d’étudiants qui ont pu réellement achever les deux cursus. Les autres, soit se consacraient à leur licence de lettres, de droit ou de sciences économiques ou abandonnaient les enseignements de l’IPSI ou les suivaient de manière très irrégulière et échouaient aux examens, soit au contraire, se consacraient à l’IPSI et arrivaient à réussir régulièrement en journalisme et abandonnaient en cours de route les autres licences à peine entamées.
De fait l’ancien régime est devenu
une formule assez lourde qui d’un côté obligeait les étudiants à suivre, en général en
cours de matinée un enseignement de licence dans les facultés d’un volume horaire
qui varie selon les licences de 15 à 20 heures par semaine, et d’un autre
exigeait des mêmes étudiants d’assister aux enseignements de l’IPSI dispenses
en cours d’après-midi et qui atteignaient également un volume de 20 heures.
Le flou du concept de culture générale
(ou fondamentale) considéré comme une exigence pour les journalistes et le
grand éventail des sciences humaines et sociales pouvant fournir cette culture générale
a amené l’IPSI à ne pas se limiter aux enseignements professionnels et à
inclure des enseignements tels que la sociologie, l’histoire, la science
politique et l’économie.
Sévèrement critiquée par une majorité
d’étudiants, largement desservie par la tendance mondiale vers un enseignement spécifique
de journalisme, et par une volonté de plus grande autonomie du corps enseignant
de l’IPSI par rapport aux autres facultés, la formule de l’ancien régime qui
conserve certains partisans, du moins dans sa philosophie a du céder la place
en 1973, à la nouvelle formule, actuellement en vigueur à l’IPSI. La dernière
promotion de l’ancien régime a quitté l’IPSI en 1976. Environ 72 diplômés ont
suivi le cursus de l’ancien régime, dont une partie est détentrice de la double
licence.
LE NOUVEAU REGIME.
Le programme du nouveau régime
des études à l’IPSI, qui a été mis en application à partir de 1973, prend en
charge l’ensemble de la formation académique et professionnelle des étudiants
qui arrivent à l’IPSI après un baccalauréat et y passent quatre années pour
obtenir une maitrise de journalisme et de sciences de l’information.
Trois axes constituent l’ossature
de ce programme :
Enseignement spécialisé, culture
fondamentale (ou générale) et langues.
L’axe de l’enseignement spécialisé
se subdivise en deux concepts que nous allons dissocier pour des raisons
pratiques en vue de proposer une typologie simple et claire des enseignements
dispensés : journalisme et communication et sciences de l’information
Le terme journalisme, couvre
l’ensemble des cours dont l’objectif pédagogique consiste à pourvoir l’étudiant
des notions et du savoir-faire professionnels qui le préparent à exercer le métier
de journaliste. Il englobe entre-autres les cours dispensés sous les intitulés
suivants : synthèse, interview, secrétariat de rédaction, reportage,
journalisme d’opinion, journalisme radiophonique…
Le terme communication et science
de l’information, couvre l’ensemble des cours dont l’objectif pédagogique vise à
préparer l’étudiant à l’analyse des phénomènes de l’information et de la
communication dans leur dimension historique, juridique, sociologique, économique,
politique et idéologique.
Le terme culture générale (ou
formation fondamentale), couvre les cours du programme dont l’objectif pédagogique
peut se résumer dans le fait de doter l’étudiant d’une formation intellectuelle
et académique de base qui lui permet la maitrise des instruments d’analyse des
faits sociaux et humains et lui procurent l’occasion de tirer réellement profit
de l’enseignement spécialisé à dimension professionnelle. Ce terme couvre de
manière assez large l’ensemble des disciplines des sciences sociales et
humaines représentées dans le programme de l’IPSI par les matières
suivantes : droit, science politique, histoire, économie, pensée, statistiques…
PROGRAMME DES ETUDES A L’IPSI (1991)
|
|
1ere |
2eme |
3eme |
4eme |
|
ENSEIGNEMENT SPECIALISE Journalisme Science de l’Information |
Synthèse (2H) Reportage (2H) Interview (1H) Actualité (2H) Introduction au journalisme (2H) Dactylographie (2H) Introduction aux Sc. De l’Information (2H) Théorie de l’Information (1H) Histoire de la Presse (1H) |
Enquête (2H) Radio (2H) Actualité (1H) Sources d’Informations (2H) Agence (2H) Diction (2H) Dactylographie (2H) Droit de la Presse (1H) Psychosociologie de la communication (1H) Information dans le Tiers monde (1H) |
Secrétariat de rédaction (3H) Radio (2H) Photo (2H) Travaux de Rédaction (3H) Télévision (2H) Journalisme d’Opinion (2H) Arts graphiques (1H) Méthodes de Recherche (2H) Analyse de Contenu (2H) Séminaire de recherche en Communication (2H) Economie de l’information 92H) |
Spécialité (12H) Audio-visuel OU Presse écrite Méthodes (2H/semestre) Analyse de Contenu (2H/semestre) Relations Internationales de l’Information (2H) |
|
LANGUES |
Traduction (2H) Arabe (2H) Français (2H) Anglais (4H) |
Traduction (2H) Arabe (2H) Français (2H) Anglais (4H) |
Traduction (2H) Anglais (2H) |
Traduction (2H) Anglais (2H) |
|
Culture fondamentale |
Histoire (1H) Economie (2H) Droit (2H) |
Histoire (1H/semestre) Economie (2H) Institutions Administratives (1H) Relations internationales (1H) Statistiques (2H) |
Option Culturelle (6H) OU Option politique (5H) OU Option économique (5H) |
Option Culturelle (7H) OU Option politique (4H) OU Option économique (5H) |
Le troisième et dernier axe est
celui des langues. Il vise à développer les capacités d’expression écrite et
orale aussi bien dans la langue nationale, qu’en français et en anglais. Ce
souci d’exhaustivité et de pluridisciplinarité qui a caractérisé la
programmation du nouveau régime, a eu pour conséquence la confection d’un
programme de plus de 30 H d’enseignement par semaine et d’environ 18 matières enseignées
pour chacune des trois premières années.
L’étudiant accède à l’IPSI, suite
au concours d’orientation des nouveaux bacheliers, organisé par le ministère de
l’éducation et des sciences. Comme bien d’autres instituts, l’IPSI est demandé
en premier choix par un nombre élevé de bacheliers qui apprécient de plus en
plus le système des instituts, supposés procurer plus de chances de réussite, grâce
au système du contrôle continu que les facultés et moins soumis aux aléas des
« perturbations » que connaissent les grandes concentrations
universitaires. Ce choix peut également s’expliquer par l’attrait qu’exerce le métier
de journaliste chez un nombre de jeunes qui le considèrent comme « moins
conventionnel » et plus « dynamique » que les opportunités
professionnelles que peuvent procurer les autres filières qui s’offrent aux littéraires,
dans le système universitaire tunisien.
Une brève expérience de test, destinée
à évaluer le degré de motivation des bacheliers orientés vers l’IPSI, a été
vite abandonnée. Les bacheliers orientés vers l’IPSI, devaient dans le cadre de
cette expérience, rencontrer un jury de professeurs de journalisme qui avait la
possibilité de demander la réorientation, vers d’autres spécialités, les éléments
qu’ils jugeaient insuffisamment motivés pour le journalisme.
Durant le premier cycle tous les étudiants
suivent les mêmes enseignements. En troisième année les étudiants ont la possibilité
d’approfondir leur formation fondamentale en choisissant l’une des spécialités
suivantes : l’option politique, l’option économique et l’option
culturelle. L’option est un enseignement qui commence en troisième année et se prolonge
en quatrième année et a pour objectif d’approfondir dans un domaine déterminé
les connaissance de l’étudiant.
Les options introduisent une certaine souplesse dans l’enseignement et évitent la standardisation réductrice qui fait que le même enseignement est donné durant les quatre années à tous les étudiants. Il est évident que le nombre d’heures qu’occupent les options est limité. Ainsi il y a un enseignement commun à tous les étudiants et un enseignement spécifique que seuls suivent les étudiants qui ont choisi une même option.
Les options jouent à l’IPSI le rôle
que joue la mineure dans d’autres systèmes universitaires. Les étudiants américains,
à titre d’exemple sont obligés en plus de la spécialité principale qu’ils
suivent appelée « majeure », de suivre un ensemble d’autres
enseignements d’une autre spécialité appelée « mineure ». Le système
du certificat complémentaire exigé à la faculté des lettres au niveau du deuxième
cycle, joue à peu près le même rôle d’enrichissement et de diversification, même
partielle de la formation.
En quatrième année, les étudiants
de l’IPSI, sont obligés de choisir entre deux spécialités : le journalisme
de presse écrite et le journalisme de l’audio-visuel. Durant les trois premières
années tous les étudiants suivent exactement les mêmes enseignements de
journalisme. Chacune de ces deux spécialités bénéficie en quatrième année d’un
volume horaire relativement important (12 H/semaine), et les enseignements sont
organisés en ateliers avec une forte orientation professionnelle.
A la fin du premier cycle, les étudiants
doivent suivre un stage de découverte dans une administration ou une entreprise
à caractère économique. Et à la fin de la troisième année tous les étudiants
sont affectés pour un mois dans un media tunisien pour un stage à caractère
professionnel.
Au cours de la 4 ème année, l’étudiant prépare un
mémoire de fin d’études sur un des thèmes du journalisme, de l’information et
de la communication. L’étudiant bénéficie d’un encadrement personnalisé
qu’assure un professeur choisi par l’étudiant et d’un encadrement collectif
dans le cadre de séminaires de recherche.
Le décret no 517 de l’année 1973 fixant la mission, les attributions et l’organisation des études à l’IPSI institue, comme cela est en vigueur dans d’autres instituts, la présence obligatoire à tous les enseignements. Mais en réalité un phénomène d’absentéisme individuel, qui prend des formes quasi collectives est largement constaté depuis plus d’une décennie, cela abstraction faite de l’absentéisme collectif, à caractère syndical ou politique, que connaissent l’ensemble des institutions universitaires.
En cours d’année les étudiants
sont soumis à un contrôle continu des connaissances. Ils reçoivent dans chacune
des matières enseignées, une note de travaux pratiques (TP). L’ensemble de ces
notes donne une note globale qui est comptabilisée au même titre que les notes
de l’examen écrit avec le coefficient 3, qui est le coefficient le plus élevé
de l’examen écrit.
Comme bien d’autres instituts supérieurs
l’IPSI connait des taux de réussite relativement élevés au premier et au deuxième
cycle. Si ce taux est normal dans des institutions comme l’IPSI où le contrôle continu est
valorisé et où le taux d’encadrement (rapport nombre d’enseignants/nombre d’étudiants)
est élevé, il reste néanmoins objet de réserve et même de controverse quand on
le met en relation avec le phénomène de l’absentéisme individuel que connait
cette institution depuis plusieurs années. L’administration et les enseignants
ont eu à traiter de ce problème à plusieurs reprises, comme en témoigne les
nombreux procès-verbaux et les rapports consacrés à ce problème.
|
POURCENTAGE DE REUSSITE AUX
EXAMENS DURANT LE PREMIER CYCLE |
||
|
|
1 ère année |
2 éme année |
|
1973 |
89,3% |
100% |
|
1974 |
57,8% |
32,2% |
|
1978 |
68,1% |
82,4% |
|
1979 |
70,5% |
88,4% |
|
1987 |
83,5% |
89,6% |
|
1988 |
93,7 |
100% |
|
1989 |
48,8% |
70,4% |
|
1990 |
62,4% |
92,6% |
|
Source : Statistiques des resultats des
sessions de juin et septembre, document interne IPSI. |
||
LE PERSONNEL ENSEIGNANT :
La formation à l’IPSI est assurée
actuellement par un staff de 64 enseignants, dont 34 sont affectés à plein
temps à l’IPSI et 30 personnes sont affectées dans d’autres établissements
universitaires et assurent un enseignement en heures supplémentaires, appelés communément
vacataires.
L’écrasante majorité du personnel
enseignant appartient au corps du personnel d’enseignement supérieur et sont régis
par le statut du personnel de l’enseignement supérieur (décret no 82 du 14
septembre 1982).
En un peu plus d’une décennie, le
nombre global d’enseignants plein temps et vacataires a presque double passant
de 30 enseignants en 1078 à 64 en 1991.
La composition du personnel
enseignant en fonction des disciplines est assez variée, et reflète la
philosophie de la formation al ‘IPSI qui intègre en plus de l’enseignement spécialisé
en journalisme et en communication et de l’enseignement des langues (Arabe, Français,
Anglais), une panoplie de disciplines assez large, qui essaye de couvrir avec
beaucoup de limites, l’ensemble des disciplines des sciences humaines et
sociales.
Cette diversité des disciplines
ne doit pas rendre impossible une typologie qui classe le personnel
d’enseignement en deux groupes : ceux qui assurent les enseignements spécialisés
de journalisme et de communication et qui sont tous recrutés par la commission
nationale des sciences de l’information, et ceux qui assurent l’enseignement
des autres disciplines et qui relèvent pour le recrutement et la promotion des
autres commissions (Français, Anglais, arabe, science politique, droit,…)
Si au niveau de l’ensemble des
enseignants plein temps et vacataires, le nombre de ceux qui appartiennent à la
discipline science de l’information, représente moins que la moitié (soit 26 en
sciences de l’information et 38 appartenant à d’autres disciplines), au niveau
des plein temps par contre, les 2/3 des enseignants appartiennent aux sciences
de l’information et les autres aux autres disciplines et en particulier aux
langues.
|
EVOLUTION DES EFFECTIFS D’ENSEIGNANTS PLEIN TEMPS ET
VACATAIRES PAR DISCIPLINE ENTRE 1978 ET 1990 |
||||||
|
|
PLEIN TEPS |
VACATAIRES |
TOTAL |
|||
|
|
1978 |
1990 |
1978 |
1990 |
1978 |
1990 |
|
Sciences de l’information |
13 |
23 |
2 |
3 Dont deux en situation de détachement |
15 |
26 |
|
Autres disciplines |
7 |
11 Dont deux contractuels |
16 |
27 |
23 |
38 |
|
total |
20 |
34 |
18 |
30 |
38 |
64 |
|
Source : Ce tableau a été établi pour l’année
1978 à partir des procès-verbaux des assemblées générales des enseignants et
du programme des matières enseignées et pour l’année 1990 à partir de la
liste du personnel enseignant établie par l’administration. |
||||||
Il est indéniable que l’IPSI qui a fonctionné au début des années 1970 avec une équipe modeste d’enseignants a pu se doter, deux décennies plus tard d’une équipe d’enseignants spécialisée d’un peu plus de 20 personnes, dont un nombre important est diplômé de l’Institut et a bénéficié d’un enseignement de 3 ème cycle en France.
Cette équipe est relativement
jeune et appartient en général au grade d’assistant et de maitre-assistant. Le
nombre de professeurs et de maitres de conférences, est réduit. La répartition
par grade, qui montre l’importance numérique des maitres-assistants, ne doit
pas faire oublier que les maitres-assistants dont l’ancienneté est plus grande
ont constitué l’équipe initiale d’enseignants fondateurs de l’institut qui a eu
l’honneur et la charge de concevoir la politique de formation des journalistes
dans des conditions difficiles. Ils ont assure la formation d’une partie de
leurs collègues plus jeunes et jouissent d’un statu moral que ne doit pas
cacher une lecture superficielle du tableau fixant la répartition des
enseignants par grades.
Un nombre croissant d’enseignants
appartenant à la discipline science de l’information a une expérience
professionnelle plus ou moins longue. Cette tendance est encouragée par
certains membres de la commission nationale de recrutement d’assistants en
sciences de l’information, qui ont commencé depuis quelques années à valoriser
l’expérience professionnelle comme critère d’évaluation et de sélection des
candidats.
De même certains enseignants
maintiennent par une initiative personnelle louable un contact avec le monde
des medias en collaborant sous une forme ou une autre avec des journaux ou avec
la RTT.
Plusieurs enseignants ont également
bénéficié de stages à caractère professionnel en particulier auprès du centre
de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) et de l’institut
national de l’Audio-visuel (INA) en France et du Centre Africain de
Perfectionnement des Journalistes et communicateurs (CAPJC) en Tunisie.
|
REPARTITION DES ENSEIGNANTS PLEIN TEMPS PAR
DISCIPLINE ET PAR GRADE (1990) |
|||
|
|
Sciences de l’information |
Autres disciplines |
Total |
|
Professeur |
1 |
|
1 |
|
Maitre de conférence |
3 |
|
3 |
|
Maitre-assistant |
11 |
6 dont 1 contractuel |
17 |
|
Assistant |
7 |
1 |
8 |
|
Professeur d’enseignement
secondaire PES |
1 |
4 dont un contractuel |
5 |
|
Total |
23 |
11 |
34 |
|
Source : tableau établi à partir de la liste
nominative du personnel enseignant, administratif et ouvrier 1990-91 |
|||
Ces différentes initiatives
prises soit par l’administration et en particulier grâce à la coopération, soit
à un niveau individuel, ont permis de pallier même partiellement le déficit d’expérience
professionnelle des enseignants de journalisme et de communication, recrutés
pour leurs performances académiques, comme cela est de tradition, dans les universités.
Ce problème est connu pour
l’ensemble des écoles de journalisme dans le monde Arabe et en Afrique :
faut-il confier l’enseignement du journalisme à des professionnels qui ont une
formation académique modeste ou inexistante, ou au contraire et conformément
aux exigences des statuts et des traditions universitaires, recruter des diplômés du supérieur, docteurs
de troisième cycle, sans expérience professionnelle.
Il est vrai qu’actuellement, le problème
ne se pose plus en ces termes en Tunisie. Apres deux décennies de
fonctionnement et après avoir contribué à un renouvellement même partiel de la
profession par l’injection depuis plus de quinze ans de journalistes diplômés,
l’IPSI peut mettre sur pied une politique de formation de formateurs, qui lui a
longtemps fait défaut. Certaines actions doivent être renforcées (participation
des professionnels à la formation), et
d’autres doivent être adoptées (planification de la formation des formateurs).
Nous avançons à titre indicatif les mesures suivantes qui peuvent contribuer à une plus grande conciliation entre formation académique et capital d’expérience professionnelle :
- Même si les textes régissant les procédures de recrutement des
assistants en sciences de l’information, ne le prévoient pas explicitement, les
commissions de recrutement devraient considérer de manière systématique, la
possession d’une expérience professionnelle dans le domaine du journalisme et
des medias, comme critère de sélection au grade d’assistant.
- Intensifier la politique de recyclage des enseignants actuellement en
exercice en dotant l’IPSI d’opportunités de stages à l’étranger et en
facilitant la participation aux sessions de recyclage organisées au cours de l’année
scolaire par le CAPJC.
- Envisager le recrutement de professionnels expérimentés, détenteurs d’un
DEA, l’antécédent de l’Institut Supérieur de documentation qui recrute certains
de ses assistants parmi les documentalistes professionnels détenteurs du Diplôme de conservateur, peut être généralisé
à l’IPSI, en vue de permettre à cette institution de renforcer pour les années
son équipe d’enseignants, de formateurs ayant un capital appréciable d’expérience
professionnelle.
- Organisation en collaboration avec le CAPJC, d’une session périodique de
recyclage en journalisme et d’initiation à la pédagogie du journalisme en vue
de constituer un vivier de journalistes professionnels de différentes spécialités,
qui peuvent le cas échéant intervenir dans la formation à l’IPSI en tant que
professionnels vacataires. Le CAPJC a eu le mérite d’organiser une session de
formation de formateurs à l’échelle maghrébine en 1986.
- Reconsidérer la rémunération des professionnels assurant en vacation un
enseignement à l’IPSI. Un protocole d’accord entre l’IPSI et des medias comme
la RTT ou l’agence TAP pourrait permettre de trouver une formule pour une
meilleure utilisation, par l’IPSI de professionnels.
- Encourager par une série de mesures pratiques les professionnels détenteurs
d’une maitrise ou d’un DEA en sciences de l’information à poursuivre leurs études
académiques en vue d’accéder à l’enseignement supérieur, conformément aux procédures
de recrutement en vigueur. Des bourses de troisième cycle peuvent être réservées
à cette catégorie de professionnels. Il est évident que contrairement au début
des années 1970, la profession de journaliste en Tunisie, compte un nombre de
plus en plus important de professionnels détenteurs d’un diplôme universitaire
du niveau de la maitrise et plus, riches d’une expérience de plus de dix ans
d’exercice de la profession. C’est dans cette catégorie de professionnels qu’il
faut savoir trouver les ressources humaines les plus performantes pour l’enseignement
du journalisme. Le tout est de trouver les formules les plus efficaces pour
permettre à l’IPSI de mieux utiliser les compétences que peut offrir la
profession.
- Favoriser dans le cadre des structures compétentes, une discussion franche et profonde sur les tâches des enseignants chercheurs affectés à pleintemps et les difficultés qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur profession. Aucune amélioration sérieuse de la qualité du service offert par l’institution, ne peut se faire dans l’ignorance des attentes, des frustrations, des observations, des revendications et des propositions du corps des enseignants. Il est évident que ce genre de problèmes se pose à une échelle globale au niveau de l’ensemble des enseignants du supérieur, cette action d’écoute des enseignants d’une même institution en vue de faire la radiographie des difficultés et des blocages spécifiques à chaque spécialité et à chaque institution, s’impose avant d’envisager toute réforme.
LES FLUX D’ETUDIANTS
LES EFFECTIFS SCOLARISES :
Au cours de l’année universitaire
1990-1991, 418 étudiants poursuivent leurs études à l’IPSI, dans les quatre années
d’enseignement. Les jeunes filles représentent une nette majorité de 2/3 des
effectifs (67% de l’ensemble des étudiants).
|
EFFECTIFS DES ETUDIANTS POURSUIVANT LEUR SCOLARITE
EN JOURNALISME A L’IPSI 1990-91 (y compris les étrangers) Source : IPSI |
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|
|
ETUDIANTS |
ETUDIANTES |
TOTAL |
|
1 ère année |
59 |
114 |
173 |
|
2 ème année |
35 |
59 |
94 |
|
3 ème année |
35 |
83 |
118 |
|
4 ème année |
7 |
26 |
33 |
|
Total |
136 |
282 |
418 |
Le nombre de bacheliers orientés
par le ministère vers le journalisme, relativement élevé en 1973, a évolué en
dents de scie entre 1975 et 1987 avec une baisse assez perceptible entre 1979
et 1982 et une forte hausse à partir de 1988.
Le nombre élevé de bacheliers
orientés vers l’IPSI, s’explique en grande partie par la pression que constitue
l’évolution des effectifs de bacheliers, que le ministère se doit de canaliser
vers les différentes branches littéraires de l’université.
La période de baisse mentionnée
entre 1979 et 1981 a correspondu à un effort de sensibilisation menée par les
enseignants de l’IPSI et les journalistes professionnels (en particulier
l’Association des Journalistes Tunisiens AJT), alarmés par le nombre élevé de diplômés
de journalisme qui n’arrivaient pas à trouver un emploi dans les medias.
Le corps des enseignants de
l’IPSI et les journalistes professionnels diplômés de l’IPSI, ont exprimé à
maintes reprises, leur inquiétude devant le flux croissant d’étudiants orients
vers l’IPSI. Dans une note adressée au ministère de l’enseignement supérieur le
24-6-1989 et annexée au procès-verbal de la réunion des professeurs du même
jour tenue sous la présidence du directeur, les enseignants font remarquer que
le nombre d’étudiants orientés vers l’IPSI a crû de manière sensible et pose des
problèmes d’encadrement (le nombre des enseignants et les équipements à caractère pédagogique), et des problèmes d’insertion
des diplômés dans la profession, dont les capacités d’absorption sont limitées.
De taille réduite, puisqu’en 1990 le nombre de professionnels dépasse à peine les 600 personnes, cette profession est considérée
comme ouverte, dans la mesure ou aucun diplôme n’est légalement requis pour
l’exercer. Les diplômés de l’IPSI se trouvent ainsi, nécessairement en compétition
avec l’ensemble des autres diplômés des sections littéraires et sociales qui
aspirent à faire du journalisme.
Certains
enseignants pensent qu’une des solutions consisterait à faire évoluer les
programmes en vue d’introduire de nouvelles filières pour permettre une plus
grande insertion des diplômés dans les métiers de la communication. Un effort
de réflexion a été mené dans ce sens, et mérite toute l’attention des autorités
compétentes pour le faire aboutir.
LES DIPLOMES
Apres
deux décennies de fonctionnement, l’IPSI a formé un peu plus de 600 diplômés en
journalisme, tous titulaires de la maitrise de journalisme et des sciences de
l’information. Il s’ajoute à ce nombre, des étudiants qui tout en ayant réussi
la 4 ème année, tardent à soutenir leur mémoire de fin d’études et ne sont pas
comptabilisés de ce fait parmi les diplômés.
Un
peu plus de 50 diplômés sont originaires de pays Arabes et Africains, et représentent
malgre les difficultés linguistiques que pose leur intégration dans le cursus
de l’IPSI, un rayonnement pour l’institution et un modeste support qu’il faut
savoir apprécier et valoriser, pour la formation de journalistes africains.
Il
faut néanmoins souligner, à la lumière des données provisoires disponibles,
qu’un taux relativement élevé d’étudiants étrangers s’inscrivent à l’IPSI et
n’arrivent pas à achever leurs études. C'est du moins l’observation que nous amène
à faire la lecture d’une liste provisoire établie par l’administration, des étudiants
qui se sont inscrits à l’IPSI, et de ceux qui ont achevé leur maitrise (soit un
peu plus de 150 étudiants inscrits dont 50 ayant entièrement achevé leur scolarité).
|
DIPLOMES EN JOURNALISME FORMES A L’IPSI (1971-1991) |
|
|
1971-1976 |
72 dont 6 filles |
|
1977-1981 |
257 dont 55 filles |
|
1982-1986 |
114 dont 47 filles |
|
1987-Fevrier 1991 |
168 dont 88 filles |
|
Total |
611 dont 196 filles |
|
Source : liste de diplômés fournie par
l’administration. |
|
Si globalement le nombre d’étudiants
diplômés est plus élevé que celui des étudiantes, puisque celles-ci ne représentent
que le tiers des effectifs de diplômés, on observe une nette progression du
taux de jeunes filles diplômées depuis quelques années. Alors qu’elles ne représentaient
entre 1977 et 1981 qu’environ 1/5 des diplômés, elles en représentent la moitié
entre 1987 et 1991.
Il est certain que cette
progression est la conséquence de la nette progression du taux de jeunes filles
qui accèdent à l’université et en particulier dans les branches littéraires.
Mais cette évolution ne restera pas sans conséquences sur une profession jusque-là
faiblement féminisée.
L’IPSI offre à un nombre limité
de journalistes professionnels la possibilité d’accéder à des études
universitaires par le biais d’un concours organisé chaque mois de septembre et
ouvert aux journalistes professionnels non titulaires du baccalauréat et ayant
une ancienneté de trois années au moins. Bien que prévus par les textes régissant
l’institution universitaire, cette disposition est peu pratiquée en Tunisie.
Depuis sa création, l’IPSI a
permis à environ 53 journalistes professionnels d’accéder à des études supérieures
après avoir subi avec succès le concours d’entrée. Mais moins de la moitié
(soit 18 professionnels) ont achevé leur maitrise. Les autres ont soit poussé
leurs études jusqu’à la quatrième année et tardent à soutenir leur mémoire de
fin d’études, soit ont abandonné les études, le plus souvent pour des raisons
dues à la difficulté de concilier leur activité professionnelle et leurs études.
Au cours de leur scolarité les professionnels sont assimilés aux autres étudiants
et sont soumis aux mémés obligations de présence et de contrôle continu. L’expérience
de la formation des professionnels par l’IPSI, devrait faire l’objet d’une réflexion
approfondie en vue de rendre cette disposition prévue par les textes plus
largement et plus utilement utilisée par les journalistes en quête de promotion
professionnelle.
Quand on parle des diplômes d’une
institution de formation, la question de fond est sans nul doute le devenir de
ces diplômés une fois mis sur le marché de l’emploi.
Globalement, les diplômés de
l’IPSI qui sont formés pour le journalisme, soit exercent la profession de
journaliste dans un media tunisien ou étranger ( un nombre croissant collabore
avec des medias étrangers à Tunis ou à l’étranger), soit travaillent dans le
secteur de l’information et de la communication (attachés de presse, relations
publiques, ministère de l’information, enseignement du journalisme a l’IPSI,
monde de l’édition), soit exercent le métier d’enseignant du secondaire (en
particulier l’enseignement du français et plus récemment l’instruction
civique), soit sont employés de l’administration publique ou privée (un nombre
non négligeable a réussi différents concours de l’administration publique).
Nous ne disposons pas de données précises
sur la proportion de diplômés de l’IPSI dans ces différents secteurs, mais
certaines estimations peuvent être avancées.
En 1981, l’IPSI et le ministère
de l’Information et l’AJT ont collaboré pour organiser un séminaire sur la
formation et l’emploi des cadres journalistiques (3-4 Avril). Une enquête a été
réalisée auprès des diplômés de l’IPSI et des employeurs pour évaluer la
formation et les conditions d’insertion des diplômés. Un document présenté lors
de ce séminaire, fait le point de la situation des diplômés de l’IPSI dans différents
secteurs. Il ressort que 93 diplômés exercent en 1981 le métier de journaliste
sur un total de 271 diplômés formés jusqu’en 1980 (y compris les étrangers),
soit une proportion de 34% des diplômés.
|
PRESENCE DE DIPLOMES DE L’IPSI DANS DIFFERENTS
SECTEURS DE L’EMPLOI (1981) |
||
|
Journalisme |
93 |
|
|
dont |
Quotidiens |
32 |
|
Hebdomadaire |
20 |
|
|
TAP |
24 |
|
|
RTT |
17 |
|
|
Ministères |
83 |
|
|
Dont |
Education nationale |
46 |
|
Autres |
37 |
|
|
Organismes étatiques |
27 |
|
|
Banques, entreprise privées, organisme
internationaux |
21 |
|
|
Divers |
47 |
|
|
Total général |
271 |
|
|
Source : FORMATION ET EMPLOI DE CADRES
JOURNALISTIQUES 3-4 AVRIL 1981, document no 5, Répartition des promotions
par sexe et organisme, IPSI, Ministère de l’Information. |
||
En 1985, une liste des promotions
de l’IPSI établie par l’administration, nous permet d’observer que sur environ
500 diplômés formés entre 1981 et 1985 (dont une trentaine sont de nationalité
étrangère), environ 120 personnes (soit ¼ des diplômés) tunisiens travaillent
directement dans le journalisme. Ceux qui occupent un emploi en relation avec
l’information et la communication dans une entreprise publique ou privée, ne
sont pas recensés.
Timide au cours des années 1970,
la proportion de diplômés de l’IPSI exerçant le journalisme s’est nettement amélioré
au cours des années, S’il n’est pas le seul pourvoyeur de la profession en
cadres, l’ISI est devenu le principal acteur de la formation initiale des
journalistes en Tunisie.
L’indicateur le plus récent est
la proportion importante (49,5% de journalistes professionnels qui ont répondu
avoir suivi des études universitaires de journalisme sont en quasi-totalité
issus de l’IPSI), lors de l’enquête CAPJC-Institut Laamouri, sur les besoins
des journalistes tunisiens en matière de formation permanente, de 1990.
Cette proportion devrait être rectifiée
légèrement à la baisse. Les données provisoires du dépouillement des dossiers
de la carte professionnelle, nous permettent d’estimer la proportion de journalistes
professionnels qui déclarent avoir suivi une formation initiale en journalisme
a 36% de l’ensemble de la population, photographes, cameramen et rédacteurs
documentalistes, compris. Cette proportion atteint 42% du personnel compte non
tenu des photographes, des cameramen et des documentalistes.
Très minoritaires il y a quelques
années, les diplômés de l’IPSI sont actuellement de fortes minorités dans les différentes
rédactions des medias tunisiens et sont même en phase de devenir majoritaires
dans certains organismes de presse (RTT, TAP).
CONCLUSION
De petite taille si on le compare
à d’autres institutions universitaires et si l’on considère le nombre d’étudiants,
l’effectif des enseignants, le budget alloué et le nombre de diplômés émis sur
le marché de l’emploi, par rapport à l’ensemble du système universitaire,
l’IPSI a néanmoins joue un rôle assez perceptible durant les quinze dernières années
dans le secteur du journalisme.
|
NOMBRE D’ETUDIANTS, DE DIPLOMES DELIVRES ET BUDGET
DE L’IPSI ET DE L’ENSEMBLE DU SYSTEME UNIVERSITAIRE (1991) |
||
|
|
IPSI |
ENSEMBLE DU SYSTEME |
|
Nombre d’étudiants Dont étudiantes |
418 |
68535 |
|
(282) |
(26989) |
|
|
Nombre de professeurs plein temps |
34 (1) |
4550 |
|
Diplômes délivrés |
44 |
5552 |
|
Budget (loi de finances 1991) |
0,203 (millions de dinars) |
161, 536 |
|
Source : Brochure du service de
statistique : l’ENSEIGNEMENT ET LA FORMATION SUPERIEURE EN CHIFFRES, ministère
de l’Education et des sciences, 1991. (1) Source : IPSI. |
||
Par l’injection timide au début
des années 1970 puis plus forte de diplômés en journalisme, l’IPSI a largement
contribué à l’émergence, du moins à l’accélération de transformations profondes
et durables du profil du journaliste tunisien. Cet apport qui est un fait
observable si l’on s’en tient à la part que représentent les journalistes
professionnels issus de l’IPSI, est diversement apprécié par les différents
partenaires concernés par l’évolution du secteur de l’information.
Apres deux décennies de
fonctionnement, il est naturel de permettre à toutes les institutions et les
personnes concernées d’évaluer de manière critique le chemin parcouru et de
concevoir les grandes lignes des évolutions possibles.
L’IPSI a donné, par le passé, à plusieurs
reprises aux différents partenaires la possibilité d’évaluer son action. Les
critiques les plus virulentes ont été formulées et les encouragements les plus
francs ont été exprimés. Mais ces occasions d’une richesse intellectuelle et
humaine inestimable (rencontres entre professionnels et corps enseignant), ont
le plus souvent souffert d’absence de suivi ou du moins d’une forte hésitation à
engager les reformes nécessaires. Il est vrai que les directions à suivre ne
sont pas évidentes et font l’objet d’appréciations divergentes, tant les voies
et les expériences de formation de journalistes, sont multiples.
Fort de son expérience de deux décennies
de pratique pédagogique et d’observation des évolutions du marché de l’emploi,
l’IPSI est en mesure avec l’aide de l’ensemble des acteurs principaux du
secteur de l’information en Tunisie, de pallier ses insuffisances et de
s’instruire des critiques qui lui sont adressées.
ANNEXE I
POUR UNE FORMATION PLUS APPROPRIEE
Ridha METHNANI
Directeur de l’IPSI
Harcelé par mon collègue et ami
Mehdi Jendoubi au sujet de mon opinion quant a la formation des journalistes à
l’institut de presse et des Sciences de l’Information (IPSI), je réponds
volontiers à sa demande en articulant ma pensée autour de 3 éléments :
1/ Le cadre institutionnel :
L’IPSI qui fête en 1992, son 25 ème anniversaire,
constitue désormais le cadre national le plus adéquat pour la formation des
journalistes.
Le personnel enseignant de plus
en plus spécialisé, l’infrastructure (studios radio et télévision, unité PAO,
laboratoire photo, etc), les activités scientifiques et pédagogiques cumulées,
offrent un cadre de formation approprie. C’est cela sans doute qui a permis aux
diplômés de l’IPSI (environ 620) d’être opérationnels et compétents.
2/ la spécificité de la formation
La formation acquise à l’IPSI se distingue indéniablement
par sa spécificité à la fois académique et pratique, variée et polyvalente,
cette formation touche a une panoplie de disciplines.
La
formation doit doter le futur journaliste non seulement des outils d’analyse,
des éléments de connaissances indispensables mais surtout de la capacité d’appréhender
les faits dans leur totalité. Car la synthèse est le fondement de l’écriture et
l’on n’écrit convenablement que ce que l’on assimile.
3/ Les horizons de la formation a l’IPSI
Tout en
constatant qu’il appartient au conseil scientifique de l’IPSI d’arrêter la
politique à suivre en matière de formation, il n’est pas vain de remarquer que
l’IPSI entend varier son produit pédagogique afin de satisfaire les besoins de
notre pays en matière de communication d’information et de presse.
Pour cela
les structures de formation (les programmes) doivent se caractériser
essentiellement par la souplesse pour mieux s’adapter aux enjeux de l’heure.
Le 21 ème siècle, ère par excellence de la communication et des nouvelles technologies, assistera à l’émergence dans notre pays des métiers fortement variés relevant de la communication et de l’information, l’IPSI devra alors assumer pleinement son rôle historique.
Le rédacteur du rapport tient à remercier toutes les personnes qui l’ont aidées à réaliser ce travail en lui fournissant les informations et les documents nécessaires, et en particulier M. Ridha Methnani, directeur de l’Institut de presse et des Sciences de l’information (université Tunis 1). Les remerciements vont également à M. Taoufik khenfir et Abdelkrim kekli de l’IPSI.
Les données chiffrées figurant dans ce rapport, sont provisoires et peuvent être rectifiées ultérieurement.
Source:
CONSEIL SUPERIEUR DE LA COMMUNICATION
LA FORMATION DES CADRES DANS LES DOMAINES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION :
I.LA FORMATION DES JOURNALISTES.
DOCUMENT N I :
L’IPSI PRINCIPAL ACTEUR DE LA FORMATION INITIALE DES JOURNALISTES EN TUNISIE.
Rédigé par Mehdi Jendoubi
Maître-assistant a l’IPSI
(Université Tunis I)
Septembre 1991.
Remarque (actualisée 2022):
Une Troisième réforme des programmes de l’Ipsi a été adoptée par une Commission Nationale en 1992, soit deux décennies après la mise en application de la seconde reforme (voir rapport ci-haut : l’IPSI PRINCIPAL ACTEUR DE LA FORMATION INITIALE DES JOURNALISTES). L’horaire global qui constituait un réel fardeau a été allégé et limité à 22h, le premier cycle a été essentiellement réservé à la formation fondamentale et plusieurs enseignements de journalisme qui figuraient dès la première année dans l’ancien programme ont été condensés dans un enseignement intitulé techniques de rédaction et le second cycle a été dédié à la formation professionnelle et spécialisée.
Malheureusement un manque de tact et d’esprit d’ouverture des autorités politiques de l’époque, qui n’ont pas suffisamment associé les enseignants dans leur diversité, a fait croire à une partie du corps enseignant que cette réforme dont les termes étaient objet de longues discussions internes intenses et passionnées, était imposée par le pouvoir et n’a pas respecté les procédures d’usage dans le milieu universitaire.
1ère année |
|
2ème année |
|
Langues
Arabe (langue et civilisation) Français Anglais
Formation fondamentale
Droit constitutionnel Economie générale Sociologie Informatique
Formation spécialisée théorique et pratique
Histoire des médias
Initiation à la communication et connaissance des médias
Initiation aux relations publiques
Actualité
Techniques de rédaction de la nouvelle |
2 2 2
1.30 1.30 1.30 3
1
1.30
1.30
1.30
3
| Langues
Arabe (langue et civilisation) Français Anglais
Formation fondamentale
Droit administratif et international Economie et gestion Psychosociologie Informatique : nouvelles Technologies
Formation spécialisée théorique et pratique
Journalisme :le reportage
Marketing
Publicité
Audiovisuel
Théories de l'information et sociologie des médias
|
2 2 2
1.30 1.30 1
3
3
1.30
1.30
1.30
1.30
|
Total | 22 | Total | 22 |
3ème année Journalisme |
|
4ème année journalisme |
|
Formation spécialisée théorique et pratique
Droit de l'information
Journalisme :genres d'information d'analyse et d'opinion
Secrétariat de rédaction et arts Graphiques
Télévision
Radio
Photographie
Speaking
Langues
Traduction
Langue étrangère
Formation fondamentale
Option (dans une des disciplines scientifiques)
Méthodes des sciences sociales
|
1.30
4
2
2
2
1.30
1.30
1.30
1.30
3
1.30
| Formation spécialisée théorique et pratique
Presse écrite ou Radio (dont une heure de speaking) ou Télévision (dont une heure de speaking) ou Presse électronique/journalisme en ligne
Atelier d'écriture (soutien linguistique et rédactionnel intégré aux ateliers spécialisés)
Gestion des médias
Séminaire d'encadrement des mémoires
Langues
Traduction
Langue étrangère
Formation fondamentale
Option (dans une des disciplines scientifiques)
Droits de l'homme
|
10
2
1.30
2
1
1.30
3
1
|
Total | 22 | Total | 22 |
Au cours de la décennie 1990, une expérience innovante et éphémère conçue par le professeur Ridha Najar, puisqu’elle s’est étendue sur trois sessions uniquement (avec un diplôme supérieur obtenu en une seule année scolaire), a été lancée et a consisté à délivrer un diplôme supérieur de journalisme, après le suivi de cours intensifs sous forme d’ateliers successifs de journalisme, et a été reversé aux candidats titulaires d’une licence acquise préalablement dans les différentes disciplines universitaires, exception faite du journalisme, et avait pour principal objectif de promouvoir le journalisme spécialisé. Quelques rares jeunes licenciés de physique ont pu y accéder à côté de collègues diplômés en lettres ou en économie et autres sciences sociales.
L’Ipsi connaitra une quatrième réforme en 2002, avec l’adoption du système
LMD (Licence, Mastère, Doctorat), généralisé au niveau de l’ensemble du système
universitaire et verra la création de licences fondamentales et à vocation
pratique. En plus du journalisme l’Ipsi introduira une licence de communication
donnée en choix avec la traditionnelle formation en journalisme à la fin du
premier cycle. De même plusieurs mastères spécialisés ont été lancés.
Cette réforme permettra aussi de mieux rééquilibrer les enseignements du
journalisme et de la communication et de les répartir progressivement entre les deux
cycles, ce qui en fait a apporté un correctif à la reforme antérieure de 1992 qui
a pratiquement vidé le premier cycle des enseignement spécialisés. Cela d’ailleurs a été
très mal vécu par les étudiants qui s’orientaient à l’IPSI pour faire du
journalisme et avaient l’impression, les deux premières années de continuer
leur bac, plongés dans des enseignements de langue et de culture générale, et cela les
démotivait.
Récapitulatif chronologique :
67/70-1976 (1970 : sortie première promotion
de l’ancien régime de la double licence qui sépare formation spécialisée en
journalisme et formation universitaire dite de culture générale en deux cursus
parallèles, les cours de l’Ipsi étant programmes les après-midi)
73/77-1991 (1777 : sortie de la première
promotion nouveau régime (qui est en fait la huitième promotion de l’Ipsi communément
appelée licence intégrée ou unique qui ambitionner de doter l’étudiant d’une
double formation en journalisme et en culture générale dans un même cursus)
1992-2002 (premier cycle plutôt réservé à la culture
générale et second cycle plutôt consacré a la formation spécialisée et
professionnelle).
2003-Aujourd’hui
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تم نشره ببادرة من ودادية قدماء معهد الصحافة و علوم الإخبار
سنة 2009
بمناسبة الذكرى 40 لتأسيس المعهد



